Dimanche 10 octobre 2010
7
10
/10
/Oct
/2010
12:08
On se sait
jamais quand une bonne suprise va s'offrir à nous. D'un oeuf en chocolat à un tour en moto des plus ludiques, toute chose est bonne à prendre. C'est d'ailleurs la seconde proposition qui m'a été
offerte, l'auto école Maeva étant propriétaire d'une magnifique R 1200 S au coloris aguicheur au vu des traditionelles peintures que propose la firme bavaroise. Et oui, bien loin des teintes
grisonnantes ou des couleurs des plus expérimentales afficheés sur les modèles du catalogue, BMW semble repartir sur de bonnes bases en ce qui concerne les textures sélectionnées. Voyez
par vous même, le gris métalisé de la coque arrière tranche avec un rouge brillant qui couvre le réservoir et les carénages avant, où sur lesquels apparait un marquage blanc des plus prononcés
par des contours noirs. Le résultat est flatteur pour l'heureux chanceux qui peut poser son postérieur sur un bijou pareil.
La moto présente bien, et avec une pause de contemplation, le départ peut se faire. On amorce l'essai avec un petit tour en ville, tout en douceur avec un soupçon
d'agressivité quand la circulation nous le permet. Notre première impression du moteur, c'est qu'il ronronne comme un chat. Avec un son très rauque en bas régime, le moteur pousse la charge
dés 1000 trs/min dans une discrétion inimitable. Le Boxer de 1170 cc, identique à la GS, reçoit tout de même de la part des ingénieurs de la marque une dose d'agressivité qui permet à
l'engin de cavaler sur 122 chevaux, le tout pour un poids optimisé de 190 kg à sec. Bref, une belle cure de bodyfitness qui se ressent du garbe boue avant aux clignos arrières. Il serait
d'ailleurs temps de tester la vélocité du molosse, n'est ce pas? Mais ne vous inquiétez pas, ce fût chose faite. Car en revenant à l'essai, une voie se trouve être déserte au milieu de
l'agitation urbaine de Saint Pierre. La cavalerie élancée, on est surpris par la puissance bien camouflée du flat-twin. Certes, la brutalité n'apparaît pas à mi-régime, mais on ressent une
différence terrifiante à partir de 4500 trs/min. La sensation laisse croire qu'un interrupteur de puissance ait été subitement positionné sur "on" sans même que le pilote l'ait soupçonné.
Soyons d'accord, il n'est pas question d'interrupteur dans la réalité, mais cette énorme frayeur est plus comunément appelée "un gros coup de pied au cul".
Après quelques tours de roue en ville, bien utiles pour apréhender la machine, un arrêt au ravitaillment s'impose. Au plus grand plaisir du maigre public dans
la station de Med', la R 1200 S impose son style, basé sur des formes statutaires, mais avec les premiers traits qui ont fait l'identité des modèles de la marque : il s'agit des feux
asymétriques, ici très timides sur ce modèle 2006. Forcément, on est un peu surpris de retrouver un côté du phare différent de l'autre. L'extrême créativité du design BMW s'est
d'ailleurs ressentie sur le modèle S 1000 RR, un pari osé pour la marque d'apposer un phare rond d'un côté et un en amande de l'autre!
Pendant
le remplissage du réservoir (de seulement 17 litres), l'envie de vérifier le ravitaillement par le biais du bloc compteur se fait d'une agréable et élégante façon, de la même manière que
sont présentées les multiples informations et fonctions que propose l'instrumentation de l'engin. Entre autre, on peut citer l'indicateur de vitesse enclenché, le témoin de réserve, la jauge à
essence, le trip 1, trip 2, la température moteur etc. En revenant à la consommation, on atteint les 6 litres pour 100 kilomètres. En sixième sur la route des Tamarins, on peut baisser la
consommation à 4l/100 à 110 km/h, ce qui est honorable comparé aux "sportives" de puissance similaire.
Pour résumer, la technologie embarquée est un argument de poids pour se tourner vers les BMW. De là à l'afficher comme une moto irréprochable? Hélas, nous sommes
encore loin de l'imperfection.
Sur la photo suivante, Med y apparaît, ravi par le caractère bien trempé de la 1200. On peut voir que la hauteur de selle convient à tous les garabits, et que les
courbes du réservoir permettent à n'importe quel genou de se coller au carénage. Mais pour se hisser sur la selle, il faut lever le pied au moins pour ne pas heurter la coque arrière
des plus relevées. Un style très (voire trop) radical. D'ailleurs, en parlant de selle, on ne se plaindra jamais assez de la maigreur de cette dernière. Estimée à l'épaisseur d'un index, la
dûreté de la matière représente la seule contrainte d'une ballade en R 1200 S. Et pour le passager, le cas est accentué par la chaleur du pot, jugée excécrable aux abords des bas de l'île. De
plus, le côté pratique n'est pas un argument de la BMW. On peut citer l'absence de poignées passagers, d'un espace de rangement ou encore de protections essentielles pour sauver les carénages en
cas de chute. Bien entendu, les carters sont bien enveloppés par les plaques en alu, mais le flan gonflé vers les entrées d'air est assujetti au contact du bitume en cas de chute. Idem hélas pour
les rétros raffinés.
Enfin prêt à
repartir, je n'hésite pas à emprunter des routes plus sineuses de la côte Sud de la Réunion, plus en accord avec mon style de pilotage. Et là, place aux sensations fortes. Le twin au poids
conséquent renferme un sacré punch à l'accélération. Le couple se ressent davantage que la puissance, et l'émotion que partage la bête est sans égal. Pour les courbes, on peut compter
sur les pneus AV de 120/70 x 17 et AR 180/55 x 17. Pour les puristes, l'on pense que les cylindres gênent en courbe. Faux, ils sont contraignants juste pour ceux qui comme
moi lancent le pied avec rapidité pour s'arrêter au stop (c'est votre tibia qui va vous le reprocher). On peut aussi se la jouer pépère, même si la position de conduite est trop appuyée sur les
poignées. Le pot au design particulier favorise beaucoup l'agrément, de même que les suspensions Ohlins. La bulle protège bien sans faire d'excès dans la longueur, et on ne plaindra pas de la
position des repose-pieds.
L'essai se termine enfin sur la piste de la Pointe du Diable, celle destinée à l'entraînement et au passage du permis des motards novices. Ah
mais je ne vous l'avais pas dit? Cet essai s'est réalisé au côté du moniteur de l'auto école, sur voies ouverte et fermée, juste avant de passer le permis A (que j'ai obtenu). Mais ne pensez pas
que les performances n"ont pas été exploitées au maximum. Pour conclure, arrêt sur image de la pièce la plus exclusive qui nous est offerte sur une moto affichée à 22000€ prix Réunion : une jante
allégée à 5 branches dédoublées à moyeu creux. Quelle réussite!